Les principes fondamentaux
Pourtant beaucoup d’enseignement s’orientent exagérément dans une approche intellectuelle ou à l’inverse dans une pratique exclusivement corporelle et délègue alors à la magie psychosomatique d’investir la partie délaissée. Pourtant tout ce qui peut être parfaitement compris ne saurait être intégré si le corps n’en fait pas l’expérience intime. Tout ce qui est vécu de l'extérieur est irrémédiablement réinterprété et il faut lui donner un axe spirituel pour lui éviter tout détournement. La nécessité du sens reste inaliénable, ce dont nos sociétés actuelles semblent particulièrement démunies et le corps en assure l'unique proposition de réalisation.
Cet enseignement de la structure ternaire et la réintégration du corps s’installe donc au cœur du débat :
- en abordant explicitement cette élaboration ternaire de l’être humain
- en appliquant dans la réalité, les interactions permanentes de ces trois corps.
- en s’appuyant sur des traditions millénaires qui permettent de traduire la permanence du champ psychosomatique.
Le modèle de l’ennéagramme aborde classiquement la représentation ternaire à travers les centres, mais les attributs qui leurs sont attribués concèdent une modélisation binaire limitante car en incapacité à promouvoir l’unité qui ne peut être définie qu’à travers une représentation ternaire. La conformation duelle n’est que préalable, indispensable mais insuffisante. Chaque centre, pour être évolutif, doit concéder une modélisation ternaire. Telle est la première pierre d’achoppement du modèle intégratif avec le référencement classique qui reconnaît également trois centres mais qui les exploite selon une qualification binaire. L’enseignement rompt également avec la représentation du centre physique, généralement appelé : « centre instinctif », établi selon les deux valeurs opposables : instincts/intuition. Pour aborder l’unité, la représentation ternaire est la seule efficace et elle doit se manifester au sein de chaque modalité constitutive de n’importe quelle structure vivante. À partir de ces trois centres et de leur déclinaison trinitaire, les neuf profils peuvent être consacrés pour une détermination subtile, mais également pour introduire le processus évolutif. Chaque base sera intégrée en conscience, dans une compréhension dynamique qui accède au mouvement dans le respect du libre arbitre et de la valeur de « l’agir juste » ; cette puissance de l’action que requiert inexorablement la connaissance de soi.
Le corps sera animé par la philosophie taôiste à travers l'usage du Qi Qong traditionnel. Nous pouvons reconnaître l'essor de ces pratiques au parfum d'ésotérisme, emportant avec elle l'émanation des philosophies orientales. Au cours de ces 20 dernières années, pourtant elles furent souvent désacralisées et même si le geste est respecté, elles sont souvent dépourvues du sens profond qui les justifie.
Tout autant que l'ennéagramme reconnaît l'importance concomitante du travail des trois corps, il n'en aborde préférentiellement que deux et inversement, la pratique occidentale de ces gymnastiques orientales a souvent exclu la réalité spirituelle qui constitue la légitimité même de l'usage de ces pratiques.
Dans leur vision traditionnelle les trois corps constitutifs de l'être humain sont fatalement exploités quelques soient la porte d'entrée. Mais leur reconnaissance explicite dans la transmission de ces deux enseignements millénaires engendre une cohérence globale et fournit des ponts et une réflexivité permanente. Cette double entrée et d’une vitalité phénoménale dans la compréhension des mécanismes évolutifs.
La transmission de cet enseignement s'appuiera explicitement sur la constitution ternaire de l'être humain et avec un jalonnement progressif pédagogique alternant la pratique corporelle et la transmission d'un savoir traditionnel, elle permettra à chacun d'affiner sa perception, de faire évoluer simultanément ces 3 corps et de faire émerger l'unité singulière que chacun représente.
